La règle n°1 du vin : le gâchis

Ça y est, un marketeux a re-re-re-franchi la rubicon de la portion individuelle, déclenchant une fois de plus les foudre des blogs, après la canette. Car on enfreint la règle n°1 du vin : le partage. T’as compris ? t’en donne à ton copain ! Et si t’as pas de copains tu te saoules … ou tu jettes à l’évier. Parce qu’en fait non, le partage c’est la règle n°2, la première c’est le gâchis. Ne me jetez pas la pierre, je suis un fervent défenseur du magnum. Mais cette haine généralisée du petit verre en solitaire me laisse un peu perplexe.

Le grand méchant mangeur de vin (piqué sur : http://ideesliquidesetsolides.blogspot.fr)

Parce que passé les blagues sur célibataires-puceaux-autistes (qui ne méritent donc pas de vin), un petit verre tranquille ça le fait. En cuisinant, en mangeant à la maison en semaine sans faire un festin, avec un bouquin ou juste en gladant rien du tout, les occasions ne manquent pas. Ça ne concerne pas que les dangereux solitaires sociopathes, 75cl pour un couple, ça fait trois bon verres chacun quand même,«À la tienne Simone, il faut remettre ça demain !».  Et puis quand bien même on partagerait, des plus petites quantités ça permet plein de choses, notamment de boire 3 voire 4 vins différents sur un repas à plusieurs. (Et quand on partage via FB ou twitter, j’imagine qu’il y a en fait deux bouteilles non partagées… voire une seule).

Du coup tout le monde a des fonds de bouteilles au frigo. On invente des bouchons débiles, certes, ça se conserve aussi quelques jours et parfois c’est meilleurs le lendemain, certes. Mais c’est régulièrement pas terrible. Du coup on se dit que ça fera un petit verre un poil moins bien, dans le temps il y avait tout le temps une bouteille ouverte qui trainait ! Mouais …après dégustation on se dit que le temps ça devait pas être que du velours le vin, mais que pour la cuisine ça devrait passer. Cuisine étant un doux euphémisme pour évier, parce qu’en fait on cuisine au vin trois fois par an.

Et là l’excuse bidon : mais c’est mauvais ! Alors là attention subtilité, les deux vins sus-cités, en canettes ou en poche papier, ne sont pas mauvais parce que le verre fait 12,5 cl. Non, non, non, tenez-vous bien : c’est parce que le vin dedans c’est de la grosse merde. SUR-PRISE, un vin assemblé par un mec qui sort de BTS commerce c’est moins bon qui si c’est un vigneron qui fait le boulot. Même en bouteille.  Je ne sais pas si la canette est mieux que la poche papier, si ça se trouve les deux sont de la merde. Mais c’est sûr et certains, de plus petit contenant de service* sont possibles. Ne serait-ce que la demi bouteille introuvable sur la majorité des productions. Et puis on ne manque pas vraiment de technologie si vraiment c’est un problème technique…

D’après la logique, le problème c’est la canette, sinon c’est du tout bon … (piqué à http://lapinardotheque.wordpress.com)

Alors ça ne peut-être que le complot des vignerons et des cavistes, qui cherchent à nous faire surconsommer, quitte à en foutre la moitié par dessus bord. Mouais, peut-être… mais à ce compte ils pourraient aussi nous faire payer le même prix sans ratisser le double de terrain pour rien, voire de faire deux fois meilleurs sur deux fois moins de surface. Et puis alors c’est bien la peine de faire du tout bio-écosystémique, avec comme projet de «juste» produire 12 fois trop. C’est moyen convaincant. Mais si ça doit bien un peu jouer chez certains qui ne sont pas très bon en éco (i.e. 99% des cavistes et des vignerons), ça laisse planer un doute.

Le doute du vrai gros gâchis. Pas celui dans l’évier, qui à côté est un moindre mal. Celui des gens qui voudraient bien un verre, mais qui ne le prennent pas parce qu’il faut s’ouvrir toute une bouteille. Et qu’à force de ne pas prendre un verre, ils ne prennent plus de vin du tout. Je suis désolé je suis jeune, et c’est une rengaine que j’entends tout le temps chez les gens de mon âge : «On boirait bien du vin à la maison, mais on ne finit jamais les bouteilles, ça fait cher le verre». Du coup ils n’en boivent pas. Des gens qui auraient envie d’en boire mais ne le font pas faute de contenant adapté. La tristesse même d’un point de vue passion du vin, un pari économique bancale : il faut que la surconsommation due à la bouteille compense la diminution de la demande qu’elle engendre. Moi même j’ai redirigé une partie de mon budget vin vers le thé pour cette raison.

Alors quoi, il faut tout en barquette individuelle de super-marché ? Déjà le vin de supermarché se vend très bien en bouteilles. Ensuite non, il y a une contenance adaptée à toutes les situations. Les bouteilles c’est génial à 4 ou 5, les magnums c’est le top pour les repas de groupes, les cocktails etc et on en trouve trop peu. Il faut aussi la portions des petites soif aussi, pas de raisons. Et l’un n’empêche pas du tout l’autre. Les excellentes bières se vendent depuis toujours dans les deux formats, les thés fragiles sont mis sous vides dans 3 ou 4 tailles différentes. Il n’y a pas 100 000 questions éthiques à se poser. Un bon contenant de la bonne taille, et puis c’est tout.

Un jour un vrai vigneron mettra son bon vin en petit contenant, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Ça partira comme des petit pains si c’est bien distribué. Dans combien de temps ? Mystère, le snobisme a la peau dure…

 

*Le vieillissement c’est une autre histoire.

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4 responses to “La règle n°1 du vin : le gâchis”

  1. lapinardotheque says :

    Hum: j’entends bien tous les arguments mais…
    les formats 37.5 cl et 50 cl existent, on trouve même des 20 cl tout ceci en bouteilles. Ok, plus rarement, mais.
    Une bouteille de BONNE qualité se conserve de plusieurs jours à plusieurs semaines (sic) dépendant de son type bouchée et au frigo.
    Pour celui qui voudrait s’offrir UN verre occasionnel, et partager avec des potes de temps en temps, il reste le Bag-in-box: pas d’altération si on consomme le tout dans les 3 mois. Pour 3 L, c’est jouable, non?
    Pour moi, 75 cl ce n’est pas un contenant qui pousse à gâcher, mais bon, aussi je ne vis pas seule, ça aide ;)
    Je préfère trouver des solutions alternatives pour faire durer ma bouteille s’il le fallait (style machin qui fait du vide d’air, très efficace) ou carrément machine type enomatic (pour ça faut un peu de sous, okay). Parce qu’au delà de l’aspect conservation-service, il y a aussi une dimension psychologique: acheter du vin en canettes comme du coca, ou en poche comme du jus d’orange, ça me parait trop… comment dire? Ca enlève un peu de culture au vin (et reste le problème de boire du vin dans un verre. Que de la poche on passe au verre, c’est assez logique. De la can au verre, moins. Du coup, je me demande si on respecte vraiment le vin et le travail du vigneron ainsi)

    • MMM says :

      Oui les petites bouteilles existent, et d’ailleurs j’en achète. Le problème c’est qu’on en trouve très peu. Un des intérêts des quantités faibles, ce serait quand même la variété. Idem pour pour le vide je le fais religieusement, ça aide bien. Mais bon, il m’arrive d’ouvrir trois bouteilles dans la semaine … et j’en ouvrirais plus si j’avais de plus petites quantités.

      Mais le constat empirique est là, au resto comme à la maison, j’en jette pas mal. (Mais j’ai pas #Gérard pour m’aider).

      Je suis d’accord que le BIB c’est génial, et mérite plus de reconnassiance. Je pensais d’ailleurs à ça en parlant «d’autres contenants». Je suis sûr qu’il y a à creuser dans ce sens, et pas que dans les grosses quantités.

      Et boire dans un verre … tsss, vous chariez m’dame Pinard, ce n’est même pas une question :D . Je pense vraiment que les petits contenants auraient plus de succès chez les amateur, avérés ou potentiels, prêt à mettre des sous et des manières (plus que chez les alcoolos qui veulent n’importe quel alcool arôme «vin»). Mais bon, c’est de l’extrapolation de mon entourage, rien de plus.

  2. David Farge Abistodenas says :

    Enfin, moi je pense qu’il ne faut pas prendre les marketeux pour des ignorants. S’il n’y a que très peu de bouteilles en petits contenants, c’est peut-être simplement qu’il n’y a pas de marché pour et que la bouteille ou le magnum contentes les buveurs. Principe de l’offre et la demande…

    • MMM says :

      Quand le vin est markete, oui peut-être, je ne me rend pas compte. Comme je le disais, c’est vraiment une extrapolation de mon entourage. C’est un échantillon pas représentatif du tout, mais pas négligeable je pense. Et des bouteilles pas finies, j’en vois plein les frigos.

      Mais la plupart des vins que je bois ont pour unique marketing la distrib’ chez les cavistes et quelques salons de dégustation. Je ne sais pas si il y a de vraies études de marché (si elles sont faisables).

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