L’état du monde au Palais de Tokyo

Une série d’expo sur l’état du monde d’aujourd’hui, rien que ça ! Dans le texte : «aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde». Il ne se mouchent pas du coude au palais de Tokyo… Nan puis qu’est-ce qu’ils y connaissent à l’état du monde les artistes ? Ils seraient experts sur BFM TV, je dis pas, mais des mecs qui gribouillent, franchement …

Prenez par exemple l’expo Mo’Swallow de David Douard, dès que vous entrez et que vous voyez ce … hmmm… cette voiture, enfin non pas vraiment ça a des roues, mais c’est pas une voiture, une antenne, mais c’est pas une radio. Mais ça ressemble à quelque chose que je connais, c’est sûr ! Mais je ne saurais pas dire quoi. J’avance doucement, au travers de ce que je voudrais appeler des pièces, mais qui n’en sont pas vraiment. À la fois tout est familier, on se dit presque «ha je reconnais ça c’est …» et puis non, c’est rien de vraiment connu. Même l’architecture est une suite de non sens, de portes qui donnent sur le vide, de fenêtres sur l’intérieur, de murs qui ne séparent rien.

© Mo’Swallow, David Douard. Crédit photo : Aurélien Mole

Et puis cette humanité qui se cache, ce récit figé. J’ai notamment beaucoup été impressionné par les écritures sous les voutes. On est presque gêné d’aller voir en dessous, et très peu d’entre nous irons les lire en entier, de là à les comprendre… et pourtant toute la puissance du texte est là.

Un monde où tout nous semble familier et où tout est absurde, où notre esprit est tout à fait capable de boucher les trous comme ça lui chante, où l’humain est une origine lointaine pas très identifiable. C’est un sentiment étrange, une expérience déroutante que propose David Douard. Et ça fait un peu flipper de se rendre compte que l’on peut autant faire sens sur des qui ne devraient pas selon tout logique… ça nous arriverait quand même pas tous les jours ? (Mais non, ils l’auraient dit sur BFM…)

Les autres expos valent aussi le détours. Mais surtout j’adore cette vague de l’art qui n’hésite pas à se mêler des affaires du monde réel, qui abolit assez nettement les frontières entre l’art et le documentaire. En tant que scientifique qui s’intéresse à des objets fictifs, à un monde imaginaire, j’ai l’impression que l’on fait le même chemin… en sens inverse.

À noter que le palais de TokTok tente encore un nouveau format pour cet saison, avec de multiples expos à des dates différentes qui arrivent par vagues. Donc au cas où vous ne l’auriez pas compris : le Tokyopass c’est la vie.

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